L’empathie va-t-elle sauver le monde ?

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L’empathie va-t-elle sauver le monde ?

L’Empathie :

« Capacité de ressentir les émotions de quelqu’un d’autre, d’arriver à se mettre à la place d’autrui. »

Si j’écris cet article aujourd’hui, c’est parce que je pense avoir trouvé l’unique responsable de tous les maux de l’humanité (auriez-vous repéré en moi une certaine tendance à l’exagération ?) : il s’agit du manque d’empathie. Dans cet article j’entendrai surtout par empathie la capacité à se mettre à la place de l’autre.

« Trop bon, trop con »

J’ai remarqué que de nos jours, l’empathie n’a pas trop la cote. La société est de plus en plus individualiste : on n’a plus peur d’écraser l’autre pour arriver à ses fins, surtout dans le monde du travail. Certains coups durs nous enferment davantage, et combien de fois nous disons-nous « trop bon, trop con, on ne m’aura plus. » ? Mais est-ce vraiment une bonne manière de voir les choses ?

Le fait est que je suis une personne ultra-empathique (donc absolument pas objective pour tenter de rester neutre dans la rédaction de cet article). J’entends très souvent des « Perrine, tu es trop gentille ! », et autres « Mais pourquoi tu le défends, tu ne le connais même pas ! ». C’est plus fort que moi, je ne peux pas m’empêcher de me mettre à la place des gens. Quoi que je dise, quoi que je fasse, je réfléchis constamment aux conséquences de mes paroles et actes sur mon entourage. Je n’arriverais pas à vous dire si j’ai été éduquée de cette manière ou bien si c’est inné, quoi qu’il en soit, la simple idée de faire du tort à quelqu’un m’empêche d’agir.

Dans certains cas cela peut être handicapant. Je suis capable de refuser un emploi en or par peur que ma démission ne nuise à mes collègues ou ne mette dans l’embarras mon/ma responsable ; je n’arrive jamais à me mettre en colère contre quelqu’un car je ne peux m’empêcher de me mettre à sa place et lui trouver des excuses. Porter plainte contre la nana qui a renversé mon mec qui roulait sur la piste cyclable ? Mais ça aurait pu m’arriver ! Elle ne l’a pas fait exprès ! Elle va être dans l’embarras… Enceinte, je ne voulais pas aller aux caisses prioritaires pour ne pas avoir à passer devant les clients qui avaient fait la file depuis 15 minutes (bon, au 8ème mois j’avoue que ça m’est arrivé. Une fois.) Bref : des exemples comme cela, j’en ai à la pelle.

Vous vous direz peut-être que trop d’empathie est forcément nuisible, mais je ne pense pas. Je pense d’ailleurs tout le contraire : si tout le monde avait la même faculté de « se mettre à la place », l’humanité vivrait en paix. On peut le constater à tous les niveaux.

L’empathie au quotidien

Un jour, dans le magasin où je travaille, j’ai entendu une maman dire à son garçon de reposer l’article qu’il avait en main. Lorsqu’il a voulu le remettre à sa place, sa mère lui a dit « pose-le là, les vendeuses sont là pour ranger de toute manière. » Ok, c’est donc comme ça qu’on élève nos enfants aujourd’hui (ahah, la vieille rabat-joie qui scande « y’a pu de respect ! ») ? Le fait est que ça nous est à tous aussi arrivé de reposer un truc dans un magasin pas du tout à sa place, mais imaginez seulement le chaos dans la boutique lorsque tout le monde le fait ? De plus, le faire c’est une chose, l’avouer c’en est une autre, mais l’INCULQUER AUX GOSSES, c’est dégueulasse. Mettez-vous à la place des vendeurs.

Pire, les toilettes publiques : dans toutes les chiottes publiques on trouve cette fameuse cabine, souillée d’excréments du sol au plafond, comme si on avait mis un pétard dans la cuvette. Ok, on peut souffrir de problèmes gastriques, mais POURQUOI ne pas nettoyer un peu derrière soi ? Parce qu’on ne pourra pas vous incriminer ? Mais pensez ne serait-ce que deux petites secondes à la personne qui va devoir nettoyer votre caca avec ces petits gants Mapa et sa dignité ravalée ?

Des exemples d’incivisme dû au manque d’empathie au quotidien, y’en a des tonnes, il y en a des odieux, et il y en des improbables, ceux auxquels on n’avait pas pensé. Avant de crier après le type devant vous qui n’avance pas sur la route, vous êtes vous à un moment donné demandé s’il ne transportait pas un bébé qui dort ? Une femme enceinte ? Une tarte à la mirabelle qui se balade dans le coffre ? Peut-être qu’il a un mal de bide cruel qui l’empêche de passer les dos d’âne à toute vitesse ? (vous sentez le vécu, là ?)

Avant de vous prendre la tête avec votre meilleure amie, ne serait-il pas bon d’essayer de chercher les causes qui l’ont poussé à vous faire du mal (selon votre jugement) ? De se mettre à sa place en cherchant à savoir pourquoi elle vous a causé un quelconque tort ?

Avant de juger une personne, avez-vous pensé à ce qui aurait pu l’amener à faire ce qu’elle a fait ?

Ne pensez-vous pas que la vie pouvait être plus sympa si on avait tous un peu la capacité de se mettre à la place de notre semblable ?

L’empathie et l’écologie

On ne va pas se voiler la face, on va droit dans le mur. Des années de je-m’en-foutisme total ont eu raison de la planète : la banquise fond, les animaux disparaissent, l’air est pollué, on va tous crever. Il s’agit là d’une incapacité à se mettre à la place… de ses descendants. Je pollue ? Je m’en fiche, je ne serai plus de ce monde pour en voir les conséquences. Évidemment, le manque d’empathie n’est que l’une des raisons des catastrophes écologiques actuelles et à venir, on peut aussi incriminer l’ignorance. M’enfin : davantage d’empathie, et la planète se porte mieux, non ?

L’empathie et la délinquance

Dans un monde 100% peuplé par des Perrine, la délinquance n’existe pas. Pas de vol, ça nuit trop. Pas de violence, ça fait mal. Pas de corruption, ça détruit. Pas de meurtre, ça tue. Pas de prison, pas de punition, pas de malheur.

L’empathie et la guerre

Je ne développe pas ce point tellement c’est évident. Mais j’aimerai juste dire ceci : pas de guerre = pas de civils qui fuient le chaos = pas de « migrants » = pas besoin de se demander si nous, bien au chaud dans nos pénates, on doit être pour ou contre l’accueil des migrants (mais bon sang à quel moment on est devenu assez frigide pour décider de laisser crever des êtres vivants par milliers dans des canots en pleine Méditerranée, avant de se demander si on va plutôt regarder le match de foot ce soir ou Esprits Criminels ? On a bien de la chance, nous, d’être pas nés à Alep).

En gros, dans le meilleur des mondes, les gens seraient tellement capables d’empathie que l’humanité vivrait en paix. On en est loin. Et puis d’ailleurs, on n’y arrivera jamais. Un enfant en bas âge n’a aucune empathie. Il est absolument incapable de se mettre à la place des autres, il n’en a strictement rien à faire, il ne vit que pour lui et pour son bien-être. C’est un fait. Je n’arrive pas à dire si l’on devient empathique en grandissant par nature (combien d’enfants refusent de manger de la viande à partir du moment où ils comprennent qu’il s’agit d’animaux ? N’est-ce pas une preuve d’empathie ?), ou par apprentissage. Un animal n’a pas d’empathie, et nous sommes des animaux, avec un gros cerveau, certes (ça dépend qui). Quoi qu’il en soit, je suis persuadée qu’apprendre davantage l’empathie à sa progéniture n’aura que de magnifiques conséquences : apprendre à son enfant à toujours se mettre à la place des gens avant d’agir, à toujours se demander si son acte va nuire à quelqu’un, à toujours se répéter que « sa liberté s’arrête là où commence celle des autres », tout cela ne pourra que contribuer à un meilleur quotidien et à une meilleure entente entre les individus.

Sur ce, je vous laisse, je vais relire Harry Potter, à ce qui paraît ça rend empathique.

 

 

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