De l’art de se faire des amis

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De l’art de se faire des amis

J’ai toujours été nulle pour me faire des amis.

Vous me direz, vous, comment vous faites ? Moi, c’est simple, cela tient en un mot (enfin, je crois) : rien. Je ne parle pas du fait d’avoir des amis hein, mais bien de la première approche.

Déjà gamine, ma mère désespérait de me voir faire des châteaux de sable sur la plage (ou plus tard lire mon bouquin) en solitaire, pendant que ma sœur fuyait pour « jouer avec sa copine » rencontrée 14 secondes plus tôt. Il faut dire que moi, je m’amusais bien toute seule et que je ne ressentais absolument pas le besoin de partager mes loisirs avec d’autres. Encore moins avec des inconnus. Ma sœur a, à de nombreuses reprises, joué les rabatteuses et partagé bon gré mal gré (selon notre âge) les copains avec lesquels elle nouait des liens si facilement.

Pour les autres, cela va sûrement vous paraître étrange, mais s’ils sont mes amis aujourd’hui, c’est soit par la force des choses (en gros, on était assis à côté au collège, au lycée, au CNAM, à la fac, c’était des amis d’amis ou de ma sœur, ce qui ne fait pas d’eux de moins bons amis, entendons-nous bien), soit qu’ils l’ont vraiment, mais alors VRAIMENT voulu !

Au lycée par exemple, j’ai rencontré celle qui a longtemps été ma meilleure amie. Elle était dans la même classe qu’une de mes copines du collège. Je ne sais pas pourquoi elle s’est intéressée à moi de prime abord, elle qui débarquait fraîchement de sa région parisienne et paraissait si cool, mais je me souviens très précisément de la première discussion que nous avons eu, dans l’entrée de notre lycée. Je me souviens même de ce qu’elle portait. Avec son franc-parlé, elle s’est imposée dans ma vie en un instant, de la plus belle façon qui soit. Dans ma famille aussi d’ailleurs… si elle passe par là, spéciale dédicace. Elle avait ce don pour se faire des amis et en avait toujours beaucoup. Moi, je n’ai rien fait, elle m’a forcé la main, et tant mieux ! Du jour au lendemain, il n’y avait plus qu’elle, tous les jours, nos vies d’ados, nos histoires vécues, racontées, analysées dans tous les sens et ce sont des souvenirs en or.

Pareil pour Angela. Étudiantes, nous travaillions toutes les deux dans un supermarché. C’était le deuxième été que nous nous côtoyions, mais bon, déjà que me faire des amis, c’est un peu compliqué, alors imaginez au boulot ! Un jour, je reçois mon planning des semaines à venir et je me rends compte que je suis censée travailler le 15 août. Je m’arrête devant la première collègue que je croise, qui se trouve être Angela, et lui demande d’un air dépité si elle aussi travaille ce jour-là. Sa réponse, pleine de joie et de candeur : « Pourquoi ? Tu veux m’inviter à sortir ? ». Et moi, pleine de pragmatisme et probablement froide comme un glaçon (je jure, c’est pas fait exprès) : « Pas du tout, c’est juste que ça me fait chier de travailler un jour férié ». Elle m’a avoué plus tard qu’elle avait été hyper déçue… elle n’a pas été découragée pour autant et m’a invitée à son anniversaire une semaine plus tard. C’était il y a 11 ans et on rigole souvent de cette histoire et de mon côté « autiste » notoire.

Et Perrine, je ne me souviens pas vraiment. Elle aussi s’est imposée et a construit un petit nid douillet dans mon cœur sans crier gare. Elle cumulait « collègue cool et sympa » (elle travaillait aussi dans ce fameux supermarché) avec qui on passe des pauses agréables ET copine d’enfance d’Angela ET nos mecs de l’époque étaient ennemis d’enfance du coup ça faisait des ragots et des discussions marrantes. Elle s’est greffé au fil des soirées passées avec Angela et ne m’a jamais quittée.

Je suppose que, comme ma sœur et ma copine du lycée, elles ont toutes deux hérité de ce don magique de savoir se faire des amis… ou bien, c’est juste un gène complètement banal dont je suis totalement dépourvue. Vous les remercierez, car sans elles, pas de Thirtynager !

Le pire, c’est que dans mon boulot, je ne suis pas du tout comme cela, c’est même carrément l’inverse. Je suis la personne la plus sociable du monde (quand je ne suis pas autoritaire, mais ça, c’est un autre sujet), je connais tout le monde, je me lie facilement avec les équipes et avec mes clients. Je suis sûre que la plupart de mes collègues vous diraient que j’ai un excellent relationnel. Je connais toujours quelqu’un, qui connaît quelqu’un etc. Allez comprendre…

Cela dit, les relations de travail n’impliquent pas de sentiments, c’est plus facile. Pas besoin d’avoir de cœur. Ce n’est pas que je n’ai pas de cœur. La vérité, c’est qu’il est grand, fragile et que je ne le donne pas à tout le monde de peur qu’on ne me le casse.

Du coup, avec cet article, j’ai une pensée pour :

  • Mes amis, les vrais.
  • Mes amis, les premiers, les anciens, ceux que je ne vois plus, soit parce qu’ils sont loin, soit parce que la vie nous a séparés ou que nous nous sommes fâchés.
  • Mes amis, les nouveaux et les futurs. Si vous voulez vous imposer à moi, je vous remercie d’avance pour votre patience. Je vous le rendrai bien, c’est promis.
  • Les amis de mes amis, qui sont devenus mes amis ou qui vont le devenir.
  • Mes amis loupés, tous ceux à côté desquels je suis probablement passée, ceux que j’ai côtoyés, adorés, aimés même, et qui ne l’ont probablement pas su.
  • Mes ennemis. Je vous emmerde !
  • Mon meilleur ami, l’unique, l’homme de ma vie.

Bisous les amis !

 

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