Harry Potter : mon pilier, mon socle, mon monument

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Harry Potter : mon pilier, mon socle, mon monument

Diplômée des Métiers du livre, libraire – bon, ok, vendeuse polyvalente – depuis pas loin de dix ans, dévoreuse de bouquins et adoratrice du livre-objet, je n’ai pas honte de le dire : HARRY POTTER C’EST TOI QUE J’AIME PAR DESSUS TOUT.

Harry Potter, c’est ce qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui.

J’ai toujours aimé lire : depuis petite, mes parents se plaisent à raconter que rien ne m’occupait davantage qu’un bouquin posé sur mes genoux –ça pouvait durer encore plus longtemps si on me donnait un stylo, RIP mes livres de bébé -. J’aimais les mots, je lisais tout ce qui me passait entre les mains, notices de médicaments, programme TV, ou bien sous les yeux : panneaux publicitaires, consignes de sécurité…

Avec ma carte de bibliothèque, je découvrais les collections Chaire de Poule, et j’adorais les livres qui me fichaient un peu la trouille. J’ai encore le souvenir d’un roman qui parlait d’une gamine qui, chaque nuit, recevait la visite d’extra-terrestres venant l’observer, quel que soit l’endroit où elle passait la nuit, ils la retrouvaient à chaque fois. Je devais avoir une petite dizaine d’années, ce bouquin m’avait un peu marqué, surtout le dénouement,  incroyablement et violemment terre à terre (en faisant des recherches sur Internet, j’ai fini par le retrouver : Les Prédateurs de l’Ombre, de Denis Côté).

Le problème c’est qu’à la bibliothèque, j’y allais pas souvent, alors je me contentais de ce que je trouvais à la maison.  Mon père me proposait avec enthousiasme les bouquins de Marcel Pagnol et Marcel Aymé ; c’était pas la grosse marrade. Ma mère lisait des trucs un peu niais, ça ne m’intéressait pas du tout. Il y avait 2-3 Stephen King, mais à 10 ans, je pigeais que-tchi à son écriture, pourtant les histoires avaient l’air cool. Puis à la fin de l’école primaire, début collège, les lectures obligatoires m’ont un peu refroidie. Andromaque, sérieux, t’as failli me faire décrocher.

Puis un jour, j’ai reçu de tonton José un bouquin pour mon anniversaire. Ça s’appelait Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban. Il avait dû voir ça quelque part en tête de gondole, parce que ça venait de sortir, et probablement parce qu’il devait y avoir une pancarte au dessus avec marqué « Harry Potter bientôt adapté en film » ou bien « meilleure vente jeunesse en Angleterre ». Oui, parce que s’il avait demandé conseil à un vendeur, on lui aurait peut-être dit qu’il s’agissait du tome 3. Ce qui est marrant c’est que je ne sais plus qui me l’avait aussi offert. Je l’avais en double. Y’a dû y avoir un sacré merchandising là-dessus à l’époque (rappelons qu’à cette époque, le commun des mortels ne savait pas encore qui était Harry Potter. Oui, cette ère a existé).

Le fait est que, sans avoir pigé qu’il s’agissait du 3ème tome d’une saga quelconque (la vache ça me brûle les doigts d’avoir écrit « quelconque »), j’ai commencé à le lire, et j’ai … bien plus qu’adoré. Ça allait au-delà de « adorer ». Pour la première fois de ma vie, j’ai emmené un livre ailleurs que dans mon lit pour le lire et à d’autres moments qu’avant de faire dodo. J’avais envie de le lire partout, même en marchant. Quand je ne le lisais pas, j’avais du mal à me concentrer sur autre chose que regarder l’heure pour savoir quand est-ce que je pourrais lire la suite.

Bon, j’ai quand même fini par comprendre qu’il y avait deux autres tomes avant (ô joie !), que j’ai dévorés, avant de re-dévorer le Prisonnier d’Azkaban une deuxième fois (eh oui, j’ai découvert alors qu’on pouvait RELIRE un livre AVEC ENVIE). Puis il y a eu l’adaptation en film, puis les autres livres, qui sortaient au compte goutte…

Puis, le dernier tome. Quel bonheur quand il est sorti, mais quel malheur que c’eût été le dernier. La déchirure. À la fin du dernier tome, j’ai eu une sensation de vide, un vide douloureux, un peu comme si on m’annonçait que j’allais déménager et ne plus jamais revoir mes meilleurs amis. Car c’est là la puissance de l’écriture de Rowling, ses personnages sont tellement vrais, vivants, qu’on a l’impression de les connaître, de faire partie de leur vie. Quand Hermione, Ron et Harry écrivaient leur rédaction sur les loups-garous pour Rogue dans la salle commune, j’étais posée sur le canapé avec eux, près de la cheminée. La magie avait d’autant plus opéré que j’avais approximativement le même âge que les protagonistes, que je grandissais avec eux, et que j’ai vécu mon adolescence, mes premiers émois, mes premiers changements hormonaux et conséquences, en même temps qu’eux (j’étais un poil plus vieille à la fin parce que JK, elle a pas été foutue d’en sortir un par an).

Les films ont été mon lot de consolation. Ils faisaient durer un peu plus mon extase, bien qu’on était largement en-dessous du plaisir procuré par l’écriture de Rowling ; m’enfin, tout était bon à prendre.

Harry Potter est à ce jour l’une des rares œuvres que j’ai relues. C’est LA SEULE œuvre que je relis quasiment chaque année, en hiver. C’est ma référence, et je l’assume, malgré les regards hautains que me lancent certains collègues ou pseudo-intellectuels de la littérature adorateurs de Houellebecq quand je le clame. Harry Potter me transcende, et mon rêve aujourd’hui c’est d’aller faire un voyage thématique, visiter le château de Poudlard, faire n’importe quoi qui pourrait me re-plonger encore et encore dans cet univers. (Hein chéri ? *petite apostrophe lancée à mon homme parce que c’est bientôt mon anniversaire. Puis Noël. Puis on va se marier, VOYAGE DE NOCE OMG !*)

J’aimerais encore ajouter un truc qui me tient à cœur à ce propos. Vous avez peut-être entendu parler de cette étude réalisée pour le Journal of applied social psychology sur les bienfaits de la lecture de la saga auprès de ses lecteurs. Sachez que, d’après une étude, les enfants ayant lu Harry Potter sont globalement plus tolérants et empathiques. Et je pense que le manque d’empathie est le grand fléau de notre génération.

Donc, en résumé, arrêtez d’être cons, lisez Harry Potter, et sauvons le monde.

 

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Bisous bisous

Perrine

 

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